L'arrivée des freins à disque dans le peloton

Depuis quelques années, les freins à disque sont de plus en plus populaires dans le monde du cyclisme, en particulier du vélo de montagne (VTT), où ils sont devenus presque un standard et une vraie référence.

Depuis quelques jours, les disques sont autorisés par l’UCI en test sur route pour les courses, et certains coureurs testent ce type de frein lors de compétitions.

Certains d’entre eux se plaignaient par temps de pluie ou sur jantes tout carbone d'avoir un freinage parfois pas très efficace donc de ce fait souhaitaient essayer ce type de freins.

 

Les contraintes de conception des freins à disque au vélo de route

Les jantes et les cadres destinés à recevoir un freinage par disques disposent d’une conception spécifique. En effet, les freins à disque pour vélo de route imposent des contraintes spécifiques à ces éléments. Les fourreaux de la fourche et le triangle arrière sont renforcés afin d’absorber la nouvelle puissance de freinage. Il faut également intégrer les fixations des étriers et ménager de la place pour ceux-ci.

Les cadres eux imposent des renforts préjudiciables au gain de poids comme toujours à l'heure où les coureurs et équipes sportives militent pour un abaissement du poids limite UCI sous les 6.8kg actuels. Ces contraintes demandent aussi des cadres plus rigides. Plus rigides et donc moins confortables et moins de filtration des vibrations.

Du côté des roues, celles-ci bénéficient d’un rayonnage renforcé. Par ailleurs, afin de mieux passer la puissance freinage au sol et de conserver une bonne stabilité lors des fortes décélérations, la section des pneus passera au 25C, voire au 28C, ce qui peut nuire à la réactivité du vélo.

Les freins à disque pour vélo de route, avec les contraintes d’intégration qu’ils impliquent et leur poids propre, génèrent un léger surpoids pour les vélos qui en sont équipés.

 

Un produit poussé par les constructeurs, pas par les coureurs ??

Sincèrement, je pense que pour la route, ce n'est pas vraiment utile. Le système de freinage que l'on utilise actuellement est déjà très performant et efficace quelque soit la marque par rapport aux leviers, étriers et patins.

Habituellement, les coureurs sont plutôt favorables aux nouveautés si elles leur apportent un bénéfice. Que ce soit de meilleurs performances ou un meilleur confort.

Il est vrai que les marques incitent beaucoup à l'utilisation des freins à disques qui ont développé des vélos équipés de ce système qui poussent auprès de l'UCI pour qu'elle modifie son règlement. Car ces marques savent que l'adoption des freins à disques par le grand public passera obligatoirement par une visibilité chez les pros…. c'est normal c'est le business.

Cela lance le marché d'un nouveau cadre et d'un nouveau système de freinage et puis certains coureurs sont toujours à l'affût et très friands de nouvelles technologies, ça fait partie du cyclisme moderne.

 

Des questions de sécurité à régler

Mais la principale priorité de l'UCI semble être la sécurité. Une roue tourne à peu près à 500tr/mn à 60km/h . Imaginez dans un emballage final tortueux avec les freins portés à plus de 100°C si une chute intervient !

Un disque 500tr/mn porté à 100°C sur lequel des coureurs tomberaient pourrait être dramatique. Brûlures garantie ! Je doute que les coureurs soient près à ajouter ce risque à la déjà longue liste des risques inhérents à leur métier.

Du côté des mécanos, Ça va obliger à modifier les galeries des voitures, les pieds de travail et faire attention avec la manipulation du liquide de frein qui est très nocif pour la peau.

Et que dire du  changement de roue qui lui risque d'être "folklorique" et ainsi nuire au classement général.

Par contre, c'est vrai aussi que le freinage sera plus efficace par tous temps . Leur puissance n'est pas affectée par des dépôts de boue ou d'eau sur la jante. Aussi, suite à un choc ou d'un passage dans un trou qui aurait voilé la jante, et bien contrairement aux freins à "friction sur jante" (v-brake ou cantilever), le frein à disque continue de fonctionner à sa pleine performance. Plus de problème de jantes qui chauffent et de boyaux qui "tournent" à cause de la colle surchauffée. La roue avant est plus rigide grâce à son nouveau moyeu et son système de blocage plus performant et il n'y a plus de problème de câbles grippés.

 

Les types de freins à disques

Il existe 2 grandes catégories de freins à disque :

  • les systèmes mécaniques sont les plus accessibles financièrement et également les plus léger. Ceci est principalement du à leur technologie, très similaire des freins à patins. La transmission entre la commande et le piston est réalisée à l'aide d'un cable sous gaine. Mais ce type de frein est également moins efficace à cause de l'étirement des cables, ce qui leur donne une moins bonne efficacité.
  • les systèmes hydrauliques sont un ensemble de composant ne formant qu'un unique élement. Tout est "soudé". Le levier de frein est cette fois-ci relié à l'étrier de frein par un conduit hydrolique qui contient un fluide spécifique permettant de transmettre l'effort. Ces freins sont les plus performants et offre une modulation du freinage (un "toucher") exceptionnel. Cependant l'entretien de ce type de frein est très compliqué.

 

Comment vérifier les disques ?

Il est important de vérifier ses freins régulièrement et de les maintenir, il y va de notre sécurité.

Soulevez votre vélo en faisant tourner les roues, pour vérifier s'il y a de la friction entre le disque et les plaquettes de frein.

Pour les freins hydrauliques, appuyer sur les leviers quelques fois, et ensuite vérifier qu'il n'y a pas de fuites dans le circuit hydraulique. Vérifiez aussi l'état de vos disques, pour vous assurer qu'ils soient propres, pas trop usés, ni craqués ou tordus. Un disque qui serait endommagé ou qui aurait un "voile" de plus de 1 mm (non corrigeable) devrait être remplacé.

Évitez en tous temps que votre disque ou que les plaquettes de freins n'entre en contact avec un liquide huileux. Cela aurait pour effet de compromettre l'efficacité du freinage et entrainerait le remplacement des plaquettes qui seraient "contaminées". Lors du nettoyage du disque, n'utilisez que de l'eau ou de l'alcool.

Une règle cependant s'applique à tous ces freins : NE JAMAIS actionner le levier de frein lorsque la roue est enlevée et que le disque est absent entre les plaquettes, car vous risquez d'avoir de sérieuses difficultés à remettre les plaquettes en position et à réinstaller votre roue.

Point important : quand vous travaillez sur un frein à disque, il n'y a pas là matière à l'improvisation. Vous devez savoir ce que vous faites, et vous conformer aux instructions du manufacturier. Quand vous effectuez le remplacement d'une pièce, ou le changement du fluide hydraulique, vous devez être certain que le produit de remplacement est totalement COMPATIBLE, cela pour préserver l'efficacité de votre frein, mais aussi et surtout pour assurer votre sécurité.

 

L'avis de la direction

Entre puissance, progressivité et contraintes d’entretien et de poids, cette solution n’a pas encore convaincu tous les cyclistes. Pourtant, leurs atouts sont bien réels

Pour ma part, je pense que cette technologie a peu d'intérêt généralement et que de trop nombreux problèmes existent pour qu'ils s'imposent rapidement. Dangerosité en cas de chute, multiplication des standards rendant les roues non interchangeables...chez les pros sur route et pour de nombreux cyclistes.

En revanche, du côté de certains usagers comme les cyclotouristes ou des cyclosportifs et adeptes  des cols de montagne n'étant pas amenés à changer de roues, le gain de confort d'un freinage à disque peut être intéressant.

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